La Ferme du Rigolet sollicite la collaboration des motoneigistes et des trappeurs cet hiver

Écrit par le 14 décembre 2023

À l’approche du solstice hivernal, CJTB a invité Caroline Dufour-L’Arrivée, la coordonnatrice des opérations agricoles à la Ferme du Rigolet, à l’émission matinale pour discuter de la fermeture du terrain en vue de la saison froide. Elle en a profité pour lancer un appel à la coopération des motoneigistes et des trappeurs pour assurer la préservation des cultures en dormance.

Le terrain du Rigolet au bout de la Rue de la Rivière a pris des allures de scène de crime depuis que Caroline a installé cette semaine des rubans fluorescents pour en bloquer les accès aux véhicules motorisés. Sur nos ondes, l’agronome de formation explique que le passage de motoneiges ou de quatre-roues cet hiver pourrait gravement endommager les arbustes et les cultures en dormance sous le couvert de la neige, tant sur le terrain de la ferme que dans les jardins communautaires de Nutrition Nord aux abords de l’église.

« C’est une précaution qu’il faut toujours prendre en agriculture pour différentes raisons. D’abord on ne veut pas que le couvert de neige soit écrasé par le passage des machines. Ce couvert est très précieux pour isoler les cultures du froid et assurer leur survie. Si la neige est tapée, on perd l’isolation par l’air, la glace va s’y former et on aura l’effet inverse. C’est la même chose pour le sol, on veut aussi éviter qu’il ne gèle pour protéger les racines et garder l’infiltration au printemps. Nous avons aussi de l’équipement d’irrigation au sol qui ne doit pas être écrasé et brisé. Deuxièmement, les têtes des arbres et arbustes qui dépassent de la neige (ou pas) peuvent très bien passer inaperçues et se faire casser par le passage des machines, ce qui est une mort assurée pour la culture ou une porte d’entrée pour les maladies. Finalement, même sur un sol gelé avec ou sans couvert de neige, le passage des machines peut détruire les cultures vivaces en surface (comme l’orpin, les fraises ou les cultures de couverte), compacter ou briser le sol, les butes de cultures ou les chemins. Les risques seront encore plus grands lors de redoux. »

Caroline Dufour-L’Arrivée, coordonnatrice des opérations agricoles à la Ferme du Rigolet

Caroline relatait aussi avoir remarqué qu’un piège à martre avait été installé sur le terrain de la ferme, à son extrémité nord. Si elle se dit sensible aux bonnes intentions et aux habitudes de longue date des gens au village sur ce territoire, elle expliquait que les petits prédateurs comme la martre, la belette ou même le renard sont des animaux utiles et alliés en agriculture. En effet, les rongeur, souris, écureuil et lièvre représentent une menace pour les cultures et les arbustes qu’ils grignotent durant la saison froide. « Il est possible de retrouver des pertes totales au printemps dû aux rongeurs », déplore Caroline, « si nous voulons bien collaborer tous ensemble dans le succès de la ferme, on vous invite à éviter les pièges à martre ou la chasse au renard sur le terrain de la ferme et sa périphérie. Toutefois, pour les mêmes raisons, les collets à lièvre seraient bénéfiques! »

Dans le même ordre d’idée, elle invitait les gens à la contacter s’ils cherchaient des projets hivernaux : le Rigolet souhaite installer des nichoirs à chauve-souris et à oiseaux insectivores, deux autres alliés dans le contrôle des insectes ravageurs des cultures … et des mouches noires!

Si la coordonnatrice de la Ferme du Rigolet prie ainsi les baleinois et baleinoises de laisser leur équipements motorisés près de la patinoire, elle les invite chaleureusement à profiter des terres du Rigolet pour leurs marches hivernales, en suivant le sentier central.

Pour réécouter l’entrevue avec Caroline Dufour-L’Arrivée :


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