Une saison encourageante pour la Ferme du Rigolet malgré les défis

Écrit par le 23 janvier 2026

Les légumes et fruits frais ont abondé cet été à Tête-à-la-Baleine grâce à la Ferme du Rigolet. Véritable pilier pour ce village d’environ 150 habitants de la Basse-Côte-Nord, elle contribue non seulement à l’autonomie alimentaire locale, mais aussi à la recherche, à titre de ferme nordique expérimentale.

Malgré l’impossibilité d’utiliser le terrain pour l’agriculture cette saison, les revenus sont demeurés stables grâce aux récoltes en serre, à la vente de plants, aux memberships, mais surtout grâce à l’appui des consommateurs qui ont répondu présents, explique la directrice de la ferme, Caroline Dufour-L’Arrivée, en entrevue à La Voix du Large.

« Les gens sont présents, ils profitent, puis ils sont encourageants. » Plusieurs citoyens lui ont d’ailleurs partagé leur souhait de voir la ferme perdurer.

L’intérêt dépasse même les limites du village. Des résidents d’autres communautés de la Basse-Côte-Nord aimeraient eux aussi avoir accès à ces produits frais, biologiques et diversifiés. Un objectif qui figure parmi les projets envisagés pour les prochaines années.

Parmi les priorités, on retrouve également l’amélioration des conditions de travail à la ferme.

« Je te cacherai pas que je fais soixante heures semaine. J’ai des centaines d’heures accumulées que je fais bénévolement. Cet hiver, je suis encore bénévole. Mon plan est de créer une entreprise qui va permettre de payer des salaires, d’embaucher des gens et qui va durer puis qui va pouvoir offrir des conditions de travail normales aux employés. », confie-t-elle.

Une situation que Caroline Dufour-L’Arrivée reconnaît comme non viable à long terme. Elle souhaite diversifier les sources de revenus de la ferme afin de réduire la dépendance aux subventions, tout en poursuivant le développement d’un bâtiment multifonctionnel.

L’entretien aborde également plusieurs projets de recherche, notamment autour de l’orpin rose (rhodiola) pour ses nombreuses vertus, la culture de petits fruits nordiques comme l’airelle et la framboise arctique, ainsi que l’expérimentation de bonnes pratiques en maraîchage nordique adaptées au territoire.

La Ferme du Rigolet travaille aussi sur un projet de bâtiment multifonctionnel, conçu pour répondre aux réalités nordiques et aux enjeux d’efficacité énergétique. Pour l’instant, seule l’étude est financée, mais Caroline Dufour-L’Arrivée voit loin.

Malgré les défis, la motivation demeure. « Même si je suis toute seule, en fait, je me sens entourée. » Bénévoles, membres, visiteurs de passage et partenaires régionaux contribuent tous à faire avancer ce projet collectif ancré dans sa communauté.

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