La mort en région isolée : un projet littéraire ancré en Basse-Côte-Nord
Écrit par Marie-Eve Dusablon - CJTB - IJL le 14 janvier 2026
La mort est un sujet sensible et délicat, encore peu abordé dans notre société. Elle se vit différemment selon les personnes, les coutumes et le territoire. Ici même au Québec, en Basse-Côte-Nord, les rites funéraires diffèrent de ceux observés ailleurs dans la province, notamment en raison de la situation géographique particulière de la région. Son isolement rend, par exemple, le transport des personnes défuntes et la gestion des corps plus complexes.
Frédérique Lévesque, anciennement journaliste à la radio communautaire de Tête-à-la-Baleine, s’est intéressée à cette réalité en tant qu’écrivaine. L’idée de ce projet lui est venue en 2020, lors de son premier passage au village, alors qu’elle a été confrontée à la mort en région éloignée et enclavée.
« Dans les communautés, il n’y a pas de morgue, il n’y a pas d’endroit où on peut laisser les corps. Ils ne peuvent pas rester au centre de santé très longtemps une fois que le décès a été confirmé. Alors il faut les mettre quelque part, et c’est souvent à l’église que ça se passe », confie-t-elle au micro de l’émission La Voix large.
Avec sensibilité, Frédérique Lévesque développe actuellement un projet littéraire dans lequel résonneront des voix de la région. Témoignages, paroles d’experts et poésie viendront faire vibrer sur papier les récits des personnes rencontrées.
« C’est un sujet qui parle de l’isolement, de la distance et de la débrouillardise des gens, qui ont développé finalement une des compétences que l’on a perdues ailleurs au Québec. Dans l’histoire, c’est assez récent qu’on n’ait plus cette relation-là avec nos morts. Historiquement, on s’en occupait : on lavait nos morts, il y avait des veillées funèbres dans les maisons. Mais ça, ça s’est perdu. La mort s’est industrialisée », explique-t-elle.
Un projet d’intérêt public, profondément humain, à paraître dans un futur proche.
