Mikuan et Apinam : un livre jeunesse sur la transmission innue
Écrit par Marie-Eve Dusablon - CJTB - IJL le 2 février 2026
L’histoire, qui se déroule à Havre-Saint-Pierre, met en lumière le pouvoir de transmission des aînés auprès de la jeunesse. Grâce aux récits et aux savoirs de Kukum et Mushum, les grands-parents de Mikuan et Apinam, venus les garder pendant l’absence de leurs parents, les couleurs de la forêt retrouvent leur splendeur, tout comme la culture innue.
Écrit par Isabelle Larouche, ce livre s’inscrit dans une série directement inspirée de ses nombreuses visites dans les écoles de différentes communautés des Premières Nations et inuit.
« Je viens du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Petite fille, j’étais une grande rêveuse et j’ai toujours voulu travailler auprès des Premières Nations. Dès l’obtention de mon baccalauréat en adaptation scolaire, je suis partie travailler au Nunavik et dans d’autres communautés. », explique-t-elle.
Dans ces milieux, Isabelle Larouche met sur pied des projets qui invitent les aînés à se rendre à l’école afin d’échanger avec les élèves du primaire. À partir de leurs anecdotes et de leurs récits du passé, les jeunes sont amenés à écrire une histoire, dans leur langue et en français, qu’ils illustrent par la suite.
Ces ateliers ont d’ailleurs directement inspiré l’écriture de ses romans.
« Dans toutes les écoles que j’ai fréquentées, l’arrivée d’un aîné est un événement : on leur sert du thé, des biscuits, on les écoute. Ce sont de véritables VIP. C’est ce que j’ai observé sur le terrain, et j’ai voulu l’intégrer dans ce petit roman, comme un pont entre les générations. Les jeunes des Premières Nations vont s’y reconnaître, mais aussi les lecteurs allochtones, à Montréal ou à Québec, qui pourront mieux comprendre la réalité de ces communautés. », ajoute Isabelle.
Plusieurs mots en innu-aimun sont également mis en évidence tout au long de l’histoire. Ils sont regroupés dans un lexique à la fin du livre, permettant aux lecteurs d’en comprendre la signification et la prononciation.
« Le vocabulaire, c’est la culture, la langue des ancêtres, une sonorité, une façon de voir le monde.Quand j’entends l’innu-aimun, je vois les paysages apparaître : les épinettes, les mélèzes, la mer. C’est la même chose avec l’inuktitut. », confie-t-elle.
C’est une façon, pour les allochtones, d’aller à la rencontre des autres cultures. Il n’y a rien de plus beau que de dire bonjour ou merci dans la langue de quelqu’un.
Isabelle Larouche, autrice