Le réalisateur Guy Édoin relève le défi d’Anticosti

Écrit par le 3 novembre 2025

Tourner une série sur l’île d’Anticosti, c’est un pari audacieux. C’est pourtant celui qu’a relevé le réalisateur Guy Édoin, fasciné par ce territoire isolé, mystérieux et chargé d’histoire.

« Mes parents y étaient déjà allés à la chasse, donc c’était déjà dans mon univers, sous mon radar, » raconte-t-il. « Dès que j’ai commencé à faire des recherches sur l’île, je me suis rendu compte qu’on la connaissait très peu. C’est un lieu à la fois immense, lointain et plein de mystère. »

Ce caractère isolé et indompté a d’ailleurs servi de point de départ à l’écriture de la série. « Le fait qu’il n’y ait pas de corps policier sur l’île, qu’on soit à la merci des incendies et des conditions climatiques… C’est un set-up incroyable pour créer une intrigue », explique Guy Édoin, aussi co-scénariste de la série Anticosti.

La série nous entraîne au cœur d’une enquête policière où plane le mystère entourant un décès aux causes incertaines. Mais au-delà du simple polar, elle explore une tension bien réelle, celle qui oppose le développement économique à la préservation du territoire. Cette dualité s’incarne à l’écran à travers deux familles librement inspirées de l’histoire d’Anticosti. Pour Guy Édoin, la force de la série repose aussi sur son équipe d’acteurs soudés lors du tournage. « Le fait d’être délocalisé, de vivre ensemble pendant des mois, ça soude un groupe. »

La production a tourné une dizaine de jours sur Anticosti, un exploit compte tenu de la logistique complexe et du budget. Parfois sans électricité ni infrastructure adaptée, l’équipe a dû redoubler d’ingéniosité. Par exemple, l’ensemble de la série a été tourné en lumière naturelle. « Juste loger l’équipe, c’était un défi. On tournait à trois heures de Port-Menier, avec une quarantaine de personnes, dont dix comédiens. », raconte-t-il. Pour Guy Édoin, la force de la série repose aussi sur son équipe d’acteurs soudés lors du tournage. « Le fait d’être délocalisé, de vivre ensemble pendant des mois, ça soude un groupe. »

Puis, comme souvent dans les tournages en région, la collaboration avec la population locale a été essentielle. « On s’est rapidement fait des amis sur place. Quand on avait besoin de quelque chose, quelqu’un trouvait une solution. À un moment donné, on cherchait un véhicule identique à celui utilisé sur la Côte-Nord. Dix minutes plus tard, grâce à un mécanicien de l’île, c’était réglé ! ».

Avec cette série tournée au cœur d’un territoire aussi sauvage qu’humain, Guy Édoin signe une œuvre à la fois viscérale et ancrée dans le réel. Anticosti n’est pas qu’un décor, le village devient un personnage à part entière.


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