La chasse responsable de la quasi-disparition du caribou en Basse-Côte-Nord

Le prélèvement est la principale raison du déclin du caribou en Basse-Côte-Nord selon le MFFP. – Photo tirée du site web du MFFP

Le territoire de la Basse-Côte-Nord compte à peine un caribou par 100 km². L’animal emblématique du nord canadien y est presque disparu en raison de la chasse, selon une biologiste du ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs.

Le ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs (MFFP) a réalisé des études de grande envergure au courant des deux dernières années pour recueillir des données sur les populations de caribous de la Moyenne et Basse-Côte-Nord.

Les scientifiques du ministère ont survolé en hélicoptère un immense territoire de 50 000 km² qui s’étend de l’est de la rivière Magpie à la rivière Saint-Augustin. Le constat? Il y reste à peine un caribou par 100 km².

« Pour la Côte-Nord, c’est le secteur où l’abondance de caribous est la plus faible. On parle de 0.5 à 0.9 caribou pour la Moyenne Côte-Nord et de 0.9 à 1.1 caribou pour la Basse-Côte-Nord », témoigne la biologiste Sandra Heppell, responsable de la grande faune de la Côte-Nord au ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs.

En générale, les populations de caribou au Québec sont plutôt entre 3 et 6 caribous par 100 km² pour les territoires occupés par cette espèce.

Tendance à la baisse

Bien que les études précédemment réalisées aient été de moindre amplitude, les biologistes du MFPP ont remarqué il une dizaine d’années la mauvaise posture de la population de caribous en Basse-Côte-Nord.

« On avait déjà fait des inventaires sur de plus petites superficies en Basse-Côte-Nord en 2012 et en 2013 et on avait eu le même constant : à peu près la même abondance de caribous. Lorsqu’on recule aux années 70-80, l’abondance était beaucoup plus grande en Basse-Côte-Nord. »

Contrairement à la Moyenne-Côte-Nord ou à la Haute-Côte-Nord où les populations de caribous sont affectées par la coupe forestière, la qualité de l’environnement des caribous n’a pas changé au fil des décennies en Basse-Côte-Nord.

« L’habitat est de très bonne qualité, il y a assez de nourriture, donc ce n’est pas les perturbations de l’habitat qui sont en cause de la situation en Basse-Côte-Nord. (…) Le prélèvement est probablement une cause majeure pour expliquer pourquoi on a une faible abondance en Basse et Moyenne-Côte-Nord », assure Sandra Heppell.

La prédation est aussi un élément à considéré, reconnaît la biologiste Sandra Heppell, mais la chasse demeure selon le facteur principal à considérer,

« Nous avons mis des colliers émetteurs sur des caribous dans le passé et la majorité des mortalités sont attribuables à la prédation, mais la prédation est une cause naturelle de mortalité. Quand on rajoute des prélèvements par la chasse, ça représente une pression supplémentaire. »

Un autre élément qui joue en défaveur du caribou est sa lente reproduction.

« L’âge de la reproduction est plus tard que l’orignal et le caribou va rarement donner naissance à des jumeaux, contrairement à l’orignal. C’est donc une population qui est très sensible aux prédateurs », souligne Sandra Heppell.

Rétablissement

Le rétablissement des populations de caribous en Moyenne et Basse-Côte-Nord ne serait pas impossible avec la mise en place de mesures appropriées.

« C’est possible que si on met en place des actions qui visent à limiter ou cesser le prélèvement, le caribou puisse retrouver une certaine abondance, mais c’est un système complexe. Le caribou a aussi des interactions avec l’orignal. Plus l’abondance de l’orignal augmente et plus les prédateurs sont nombreux. S’il y a une forte présence de prédateurs, ça va limiter la capacité de croissance des populations de caribous, mais on pense qu’on réduisant les prélèvements, ça va permettre de voir une augmentation de l’abondance », poursuit Sandra Heppell.

Le ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs poursuivra ses études sur le caribou sur la Côte-Nord.

Le ministère veut récolter davantage d’information sur l’appartenance des caribous aux territoires du Labrador et de la Côte-Nord pour évaluer la répartition de l’animal sur le territoire.

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