Un «vent de panique» chez les Innus

Le premier cas confirmé à Nutashkuan a créer un «vent de panique» dans la communauté innue d’Unamen-Shipu, selon les mots du chef Bryan Mark. Après été récalcitrants face à la décision de fermer la communauté, une prise de conscience s’est opérée dans le village.

«J’ai remarqué moi-même qu’il y a une prise de conscience ici. Il y a des gens qui s’isolent volontairement et d’autres qui font juste quelques sorties pour faire l’épicerie», assure le chef d’Unamen-Shipu Bryan Mark.

Ce dernier précise toutefois qu’il s’agit de quarantaines «volontaires» et non-pas de quarantaines obligatoires selon les directives de la Santé publique.

Avant même la fermeture de la Route blanche, le conseil de bande d’Unamen Shipu avait décidé de fermer ses accès aux non-résidents. Si des passants souhaitaient s’approvisionner en nourriture ou en essence, ils devaient être escortés par un des gardiens placés aux entrées du village.

Selon ce que le chef Bryan Mark a publié la fin de semaine dernière, la décision du conseil n’a pas fait l’unanimité. Des agents de sécurité auraient été insultés par leurs concitoyens.

«Au départ, les agents de sécurité étaient en place jusqu’à 9h et les gens sortaient plus tard. Nous avons étendu leur service jusqu’à minuit puis nous avons décidé de prendre les grands moyens en s’assurant d’avoir des agents 24h sur 24 depuis les deux derniers jours», explique le chef Bryan Mark.

Des préparatifs sont également en cours à Unamen Shipu pour préparer des unités de logement de confinement, si le nombre de cas devient trop important dans la communauté. Pour le reste, Unamen Shipu travaille depuis le début de la crise en collaboration et de concert avec tous ses voisins de la Basse-Côte-Nord.

Bryan Mark salue la décision de Relais Nordik et de la Société des traversiers de ne pas accepter de passagers sur le navire et de fermer les entrepôts de Sept-Iles et Rimouski. Comme l’expliquait le PDG de Relais Nordik Francis Roy mercredi à la radio CJTB, seuls les commerçants seront autorisés à venir porter des marchandises.

Cette mesure pose toutefois un défi supplémentaire pour le communauté d’Unamen Shipu.

«Ici c’est une réserve sèche et si quelqu’un aurait essayé de venir porter de l’alcool aux entrepôts en direction de La Romaine, cela aurait été refusé. Par contre, les commerçants pourront le faire. Ce n’est pas possible d’appeler tous les commerces pour le dire de ne pas le faire, mais on essaie d’avoir un entente avec Relais Nordik pour nous aider là-dedans. On est conscient qu’il y a de la contrebande d’alcool toute l’année, mais si au moins on pouvait avoir une entente pour limiter la quantité d’alcool qui peut être envoyé par personne et par semaine. L’idée est de protéger nos communautés et d’éviter les rassemblements» précise Bryan Mark.

Ce dernier comptait relancer Relais Nordik sur le sujet dans les prochains jours.

Pakua Shipu se prépare

À Pakua Shipu comme à Unamen Shipu, le conseil de bande a été rapide à mettre en places des mesures de préventions pour protéger la communauté.

Un comité de pandémie a été mis en place pour préparer la communauté et partager les informations de la santé publique.

À lire: Pakua Shipi se prépare pour éviter le pire

Le centre de santé de Pakua Shipu a entamé une série de travaux pour se «préparer au pire», selon la directrice Nicole Driscoll.

Le plan d’urgence de la communauté prévoit d’isoler une partie du dispensaire et de préparer le gymnase de l’école à recevoir des malades.

Selon Nicole Driscoll, Pakua Shipu pourrait accueillir jusqu’à 50 malades. Contactée par la radio CJTB jeudi, elle assurait que de la nourriture était préparée pour nourrir une cinquantaine de personnes. Évidemment, Mme Driscoll espère que ces repas n’auront pas besoin d’être servis.

«Nous travaillons de concert avec le direction de la Santé publique et s’il y a des gens malades, ils seront envoyés à l’hôpital de Blanc-Sablon, par contre notre rôle est de nous préparer au pire» précise Nicole Driscoll.

Le centre de santé travaille à partager l’information et les mesures sanitaires à adopter au sein de la communauté. Pour ce faire, Nicole Driscoll compte sur l’aide de nombreux pakuashipiens qui ont pour tâche de traduire les directions aux membres de leur famille.

«En plus des vidéos et des informations que nous publions régulièrement, nous appelons également une personne dans chacune de nos maisons qui s’occupe de partager et de traduire les infos» ajoute Mme Driscoll.

Le centre de santé de Pakua Shipi est également à la recherche de personnel pour compléter son équipe d’urgence. Des candidats qui pourraient travailler comme concierge, comme garde de sécurité ou comme infirmiers.

Les intéressés peuvent contacter le centre de santé de Pakua Shipi ou écrire au jrmalleck@pakuashipu.net

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