Préparation au coronavirus: «Ça n’avance pas assez vite»

Il reste de nombreuses ficelles à attacher pour faire face à la COVID-19 sur la Basse-Côte-Nord. C’est ce qu’estiment plusieurs acteurs de la région dont la docteure Marie-Pascale Harbec de l’hôpital de Blanc-Sablon. Les médecins ont demandé au CISSS de la Côte-Nord de préciser ses protocoles pour avoir une meilleure idée du plan d’attaque en cas de contamination au coronavirus dans la région. En attendant, la population doit s’impliquer pour limiter au maximum les risques de propagation du coronavirus sur la Basse-Côte-Nord.

La docteure Marie-Pascale Harbec a accepté de prendre parole pour s’adresser à la population de la Basse-Côte-Nord. Docteure Harbec contribue à donner l’heure juste alors que les réponses sont jusqu’à présent rares en ce qui concerne la COVID-19 et la Basse-Côte-Nord.

La région, qui compte essentiellement sur ses dispensaires, le centre de santé de la Basse-Côte-Nord à Blanc-Sablon et la logistique aérienne pour déplacer les patients, est-elle prête à faire face à la pandémie? La réponse tend du côté du non à ce jour selon plusieurs intervenants de la région.

«Nous demandons au CISSS d’avoir des protocoles claires pour savoir comment cela va se passer dans les dispensaires afin de protéger le personnel ainsi que pour le medevac (évacuation aérienne d’urgence) pour protéger le pilote et l’infirmière» précise la médecin Marie-Pascale Harbec qui a contacté la radio CJTB mercredi matin.

Les médecins se questionnent également sur le maintien des fly-in fly-out pour les infirmières sur la Basse-Côte. Un groupe d’infirmières devait arriver dans les prochains jours de Montréal sans mesure prévue pour s’assurer qu’elles ne soient pas porteuses du virus.

Les médecins de Blanc-Sablon attendent des réponses de la direction du CISSS de la Côte-Nord sur les protocoles à suivre.

Dans les faits, le système de santé est davantage préparé à faire face à un écrasement d’avion aux nombreux blessés qu’à une pandémie au coronavirus. La situation actuelle a pour particularité qu’il faut protéger l’air que le patient respire et non seulement soigner des blessures physiques.

Préparatifs

Les médecins à Blanc-Sablon ont identifié une série de mesures à mettre en œuvre dans les brefs délais à l’hôpital afin de se préparer aux premiers cas d’infection au coronavirus.

Ils aimeraient qu’une cloison soit construite dans le centre de santé pour créer un espace réservé à malade du coronavirus. Selon docteure Harbec, une antichambre devrait également être construite à une chambre pression négative pour en maximiser la sécurité.

L’hôpital de Blanc-Sablon compte deux chambres à pression négative qui, comme le nom l’indique, évitent que l’air contaminé s’y échappe.

«Il y a des opérations, comme l’intubation, que l’on doit faire en chambre à pression négative» précise la docteur Harbec.

Marie-Pascale Harbec assure que tout ce qui peut être préparer en amont est en voie de l’être. Du matériel est mis en boite pour permettre d’intuber des patients rapidement si leur état le requiert.

Plan d’action

Pour le moment, le plan d’action reste nébuleux en cas de contamination au coronavirus en Basse-Côte-Nord.

Docteure Harbec rappelle qu’environ 80% des patients atteints du coronavirus n’ont pas besoin d’être hospitalisés. Pour les cas qui doivent l’être, les patients seraient transférer du dispensaire vers Blanc-Sablon où les cas seraient évalués. Si un patient nécessite d’être intubé immédiatement, il risquerait de passer le temps nécessaire à Blanc-Sablon. Sinon, les soins risquent plutôt d’être prodiguer dans un hôpital de Québec.

Pour les cas plus légers, les patients pourraient simplement recevoir les soins à domicile.

La Basse-Côte-Nord compte bel et bien une seule inhalothérapeute, mais les médecins pourraient se débrouiller avec leurs ressources, assurent docteure Harbec.

«Nous voyons ces notions-là dans nos cours de médecine et il nous sera possible d’être guider par des médecins intensivistes au téléphone» explique-t-elle.

Des études seraient également en cours pour déterminer si des soins pourraient être prodigués à l’extérieur des chambres de pression négative, notamment en dispensaire.

Faire sa part

La docteure Marie-Pascale Harbec tenait à ce que la population reçoive la bonne information afin que les gens agissent en conséquence.

La Basse-Côte-Nord n’a pas le luxe d’être lourdement touchée par le coronavirus et tout doit être mis en œuvre pour éviter la propagation.

«Les gens ne devraient pas aller voir leurs amis, leur chum, leur blonde. Les grands-parents ne doivent pas garder les petits-enfants, les gens ne doivent pas aller au chalet en groupe la fin de semaine. Ils faut être extrêmement prudents», rappelle docteure Harbec.

Si une partie de la population, qui diminue heureusement tous les jours, ne se sent pas concernée par la pandémie, le personnel médical, lui, est plutôt nerveux.

«Chez les médecins, il y a vraiment une grande anxiété. Faire face à une pandémie, ce n’est pas quelque chose que l’on apprend dans nos cours. La dernière date de 100 ans. Nous sommes tous très nerveux, mais nous voulons tous faire notre part pour nous y préparer» témoigne docteure Harbec.

On ignore si la région sera touchée par le coronavirus, mais les coasters ne doivent pas s’aveugler de leur sentiment d’isolement. Le virus peut venir tant de l’ouest et descendre la côte, que du Labrador ou de Terre-Neuve et remonter la côte.

«En regardant les statistiques, on voit qu’il y un grand pourcentage de la population qui risque d’être touché par le coronavirus et donc il y a des bonnes chances que nous ayons des cas ici. En même, s’il y a une région qui pourrait être épargnée, ça pourrait être la nôtre en raison de l’isolement» explique le docteur Harbec.

Docteure Marie-Pascale Harbec répète et martèle que la meilleure chose à faire est de rester à la maison et d’écouter à la lettre les consignes d’hygiènes des instances politiques.

Un commentaire

  • Merci de nous donner l’heure juste…..à souhaiter que notre population réalise l’urgence de se conformer aux recommandations et obligations qui nous sont partagées. C’est notre vie qui est l’enjeu!

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