Harcèlement en Basse-Côte-Nord: Guerre de mots entre le syndicat et le CISSS

Photo: Mickael Lambert

Le PDG du CISSS de la Côte-Nord Marc Fortin rejette les accusations du Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois qui dénonce le harcèlement dont seraient victimes certaines infirmières sur la Basse-Côte-Nord.

À moins d’un mois de la retraite, le PDG Marc Fortin a dû aborder la question au micro de Guillaume Hubermont de Radio-Canada.

Il estime que la sortie publique du SIISNEQ en début de semaine afin de demander à une firme d’enquêter sur la situation sur la Basse-Côte-Nord est une «tactique d’intimidation syndicale pour demander au gestionnaire de la boucler et ne pas faire son travail avec professionnalisme» et qu’il s’agit d’une stratégie syndicale «obsolète qui date des années 70».

Le SIISNEQ assure avoir colligé des informations concernant une gestionnaire et un membre du Collège des médecins qui seraient en partie responsables du climat de «méfiance» et à l’origine de la situation de harcèlement.

Marc Fortin voit la situation d’un autre œil. «On a un gestionnaire vigoureux qui a observé qu’il y a des employés qui avaient un comportement et une attitude maladroite et on redresse la situation» a-t-il dit au micro de Radio-Canada.

Le PDG reconnaît toutefois que le climat de travail n’est pas à son meilleur sur la Basse-Côte-Nord, mais met en cause le manque de personnel dans certains dispensaires.

Syndicat

Interpellée par la radio CJTB vendredi matin, la présidente du SIISNEQ-CSQ Nathalie Savard martèle qu’il y a bien une problématique de harcèlement sur la Basse-Côte-Nord.

«Pour dire qu’il n’y a aucun problème, il faut être déconnecté de la réalité. Nous avons plusieurs membres qui nous parlent du harcèlement qu’ils vivent et on fait notre enquête. Si les gestionnaires n’ont rien à se reprocher, pourquoi le CISSS ne veut pas d’enquête indépendante?» questionne Nathalie Savard.

Mme Savard suggère que son syndicat et le CISSS pourrait faire une demande conjointe au ministère du Travail afin de demander un processus d’enquête. Une démarche qui ne coûterait pas un sous au CISSS.

Tribunaux

Nathalie Savard rappelle le CISSS avait refusé la demande du syndicat de faire appel à une firme indépendante pour enquêter sur la situation et que la direction du centre intégré de santé avait même demandé au syndicat les noms des employés qui avaient porté plainte, demande à laquelle le SIISNEQ a refusé.

«Nous avons garanti à nos membres la confidentialité» rappelle Nathalie Savard. Pour la même raison, le syndicat refuse de dévoiler les détails de cette situation de harcèlement, même sans dévoiler les noms des plaignants.

Pour documenter le dossier, le SIISNEQ avait demandé à ses membres de partager leur témoignage au syndicat s’ils avaient été témoins ou victimes de harcèlement.

Le CISSS a répondu à la démarche en envoyant une mise en demeure au syndicat. Une tentative de bâillonnement pour le SIISNEQ qui a déposé une plainte au tribunal administratif du travail. Des audiences sur le dossier sont prévues en avril selon Nathalie Savard.

Cette dernière souligne que la direction du CISSS est également responsable selon la convention collective et la Loi sur les normes du travail de tout mettre en œuvre pour assurer un milieu de travail sans harcèlement.

La ministre de la Santé et des services sociaux Danielle McCann a été interpellée par le SIISNEQ et la députée de Duplessis Lorraine Richard s’est également engagée à lui demander de se pencher sur le dossier. Le syndicat attend sa réaction.

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